Quand s'éloignent les croque-morts
Après tout ce folklore
On se laisse être aimé
Par un tourment incrusté

J’ai dans le corps
Cette mélodie
Une peine à bord
Qui me fait courir après la vie

J’ai dans le corps cette misère
Ca grossit mais ça ne se perd
Elle sait très bien m’extorquer
L’envie de m’en échapper

J’ai dans le corps
Cette mélodie
Une peine à bord
Qui me fait courir après la vie

Quand s’approchent les matadors
Ceux qui piquent la dignité
Si s’introduit le remords
Pour d’irréparables torts

Quand l’isolement est mon décor
Béant, mon seul associé
Il laisse un sombre passager
Qui s’enracine à mon bord

Quatre amis
J'ai eu quatre fois
Envie d'être 4 à la fois
Pouvoir leur dire
Toutes les fois
"Je reste, ne t'en fais pas, je suis là"

Quatre amours aussi
A contre-temps parfois
Je n'ai pas choisi
Deux envies simultanées
Et quatre désirs à désirer
Mille fois adorés

Quatre passions aussi
Quatre temps de la vie
Cajolés comme si on n'avait qu'une seule...
Quatre cafés pour étancher la somnolence
Contenter la dépendance
A ces quatre sens

Quatre secrets cachés
Parfois cassés
Ou caressés de l'oreille
Au détour d'une bouteille
Par un des quatre
A l'écoute douceâtre

Il passe
Quel supplice de devoir partir
Un quatre temps
Pour une vie seulement

Quatre cages, j'ai eu autant
Quatre naufrages déroutants
Accident, un enfant, un délire, dérèglement
Réglés à coup de quatre-quart
A coup de couche-tard
A coup de pied, coup monté
A coup de dent dans...
L'égarement

J'ai rêvé quatre fois au moins
De pouvoir rester
Voir passer les quatre saisons effrénées
Et rejouer les quatre à l'infinité
Un mirage dommage
Quatre vies en réalité
J'aurais préféré

Les choses seraient faites plus tard
On faisait comme si

Rien ne finirait... aussi
On faisait comme pour

Eviter la seule vérité
On faisait comme si

Voir au lendemain toujours
Changerait le cours

Si c’est un peu moins grand,
nous vivrons plus violemment
Si c'est un peu moins grand,
je veux vivre plus violemment

A croire qu’on n’avait pas à avoir peur
On vivait de langueur

A voir que la même étiquette nous attend
Au pied, en suspens

On se dit que si c’est moins grand
On fera maintenant

On vivra plus, bien plus violemment
On sera maintenant

Si c’est un peu moins grand,
nous vivrons plus violemment
Si c'est un peu moins grand,
je veux vivre plus violemment

Les choses nous apprennent le temps
En suspens, je mens
Quand les choses savent le temps,
Je veux vivre plus violemment

L'esprit s'évade
Le temps d'une trêve
Sous ma façade
Ma vie se lève
C'est une parade
Intense et brève
Je suis malade
De tous mes rêves
Mais chaque jour
A imiter
Je suis plus sourd
A m'inventer

Ma folie s'ennuie
Dans ce corps trop poli
Alors la solitude
Tourne dans ma vie

Comme un programme
Je vais jouer
La pure morale
Cristallisée
Et mes idées
Inanimées
Par un pouvoir
Déshérité
Chaque retour
De l'étoilée
Me met à jour
Je suis lissé

Le bon costume
La bonne danse
Toujours j'allume
L’utile séquence
Et je consume
La seule cadence
Mais si j'embrume
Tout ce non-sens
Chez moi, je sème
D'autres réels
L'audace y germe
Etrange et belle
La folie-même
Est ma jumelle
Je suis extrême
Je suis pluriel

Pas de souffle non
Pas de bruit, j’ai dit
Pas de conflit
Tout tout est parfait
Comme si je n’allais pas
Comme si je n’allais pas
Exploser

Oh si tu fuyais
Comme je serais
Un imparfait
Mais bien sûr, je me reposerais
Et j’exorciserais encore
Tous tes tocs, tous tes torts
Et tu reviendrais encore
M’exaspérer

Quand j’explose, expose mes névroses,
arrête-moi, ris de moi, saisis-moi

Ne te crispe pas
Amuse-toi de moi
Et tout sera absurde, oui
Tout est parfait
Quand tu te fous de moi
Comme je ne peux plus alors
Comme je ne veux plus alors
Exploser

Quand j’explose, expose mes névroses,
arrête-moi, ris de moi, saisis-moi

Dehors la pluie grinçante
Me rappelle violemment
Que toutes les choses ont changé
Etrangement

Des empreintes défigurent ma routine
La pluie a laissé deux entailles
Dans la terre tiède, près du vieil arbre
Elles s'entrebâillent

Sauras-tu le regarder?
Sauras-tu t'y habituer?

Deux failles aux coins de tes yeux
Deux profondes rides
Des plis qui gravent sur ta peau
Un tableau

Sauras-tu le regarder?
Sauras-tu t'y habituer?

Sculptée par une brume noire
L'écorce peine à se déployer
Le masque de la langueur se referme sur ton image
Une tâche indicible mais non moins visible se profile
 Sur ton visage,
Terrifiée par la rage,
La faim cherche un endroit où personne ne la trouvera
Mais tu la tiens, trop fort pour qu'elle ne vive
Et moi j'attends, mollement, l'effet du temps,
 Lentement, lentement

Sauras-tu le regarder?
Sauras-tu t'y habituer?

album

Complainte
Chants, textes, compositions
Eva Ménard
Compositions, productions, instruments
Grégoire Vaillant